Un parcours d’insertion pas à pas vers des métiers du numérique

Yann grandit en Île-De-France et commence à travailler à 17 ans en tant qu’animateur dans la petite enfance. Il cumule ensuite des petits boulots.

En 2007, il s’installe à 32 ans avec sa compagne dans les Deux-Sèvres. Après quelques années d’inactivité, il est aiguillé en 2014 par le Centre Communal d’Action Sociale de Bressuire vers les Chantiers Peupins.

Il démarre alors un parcours d’insertion durant lequel, pendant une année, il trie, démantèle et répare des palettes en bois ; un travail qui demande un effort physique auquel il n’est pas habitué.

« Le travail manuel n’a jamais été ma vocation mais il fallait que je me positionne sur quelque chose de stable. A travers cette expérience, j’ai découvert que j’étais capable de tenir un poste sur la durée. Je rentrais épuisé mais je me sentais bien, enfin utile à quelque chose.»

L’environnement de travail est rude au départ, « c’est un choc », mais Yann y découvre rapidement des personnalités intéressantes et apprend à travailler en équipe alors qu’il ne s’en sentait pas capable. A ce moment-là, son parcours atypique l’empêche de se projeter à moyen et long terme :

« Beaucoup de pistes sont évoquées avec mon accompagnateur, mais je n’ai jamais su me positionner ». Il suit néanmoins un stage de deux semaines au sein de l’atelier informatique des Ateliers du Bocage qui l’a beaucoup intéressé : « J’ai eu mon premier ordinateur à 8 ans. Mon rêve d’enfant était de devenir informaticien.»

En septembre 2015, une annonce est diffusée aux Chantiers Peupins pour un poste en insertion aux Ateliers du Bocage au sein du programme Solidatech, qui accompagne les associations dans leur développement numérique. La nature des activités opérationnelles de Solidatech, proches de celles d’un service client, a motivé l’ouverture de CDDI à partir de janvier 2015.

Son appétence pour le numérique ainsi que les tâches décrites sur la fiche de poste le poussent à postuler :

« Je me suis dit que je pouvais le faire et qu’en plus, j’avais envie de le faire, je risquais de regretter de ne pas essayer.»

Yann rejoint Solidatech un mois plus tard, programme qui est en pleine croissance, et exigeant en termes de professionnalisme de par ses partenaires privés et sa complexité. Il n’est alors que le deuxième salarié en insertion. Il répond et conseille les associations par téléphone et par mail sur les démarches pour accéder au programme et aux différentes offres numériques solidaires proposées par Solidatech ainsi que sur le choix de logiciels. Il assiste certaines associations dans l’installation de logiciels à distance. Yann étudie également l’éligibilité des associations qui s’inscrivent au programme aux différentes offres proposées par les partenaires, pour le territoire français et pour les pays africains francophones et anglophones dont Solidatech a la responsabilité.

Au départ, il se sent pris de panique et n’est pas à l’aise à l’idée de répondre aux appels des associations. Il a l’impression qu’il n’y arrivera jamais, malgré sa très bonne élocution.

« Aujourd’hui, j’ai l’impression de ne plus être le même. Je n’ai toujours pas d’appétence pour le téléphone mais je m’en sens capable. Je suis très fier de ce que j’ai accompli et de voir que je progresse. Je me suis rendu compte que je suis capable de plus de choses que ce que je pensais. J’apprends à travailler de manière organisée, j’ai pu développer mes capacités rédactionnelles et progresser dans un anglais professionnel. Etre au service des associations m’a également appris à être diplomate face aux impatients. »

Au-delà des compétences acquises et développées, Yann est animé par la dimension solidaire de Solidatech :

« Nous échangeons avec des personnes extraordinaires. Lorsque je conseille une association qui aide les parents d’enfants malades, je suis content d’être là parce que mon travail n’est pas futile ».

Il s’épanouit également dans le travail en équipe et le privilégie aujourd’hui à du travail individuel.

Son parcours d’insertion qui s’est terminé en septembre 2016, lui aura permis de développer, en complément de sa forte culture numérique, des savoir-faire essentiels au bon fonctionnement de l’activité du programme. Depuis 5 mois, il continue à évoluer au sein de Solidatech, en CDD, pour le plus grand plaisir de toute l’équipe.